LA DEMEURE ETERNELLE 

 

Dans une note de l’éditeur en avant-propos du livre de William Gay «LA DEMEURE ETERNELLE» l’auteur s’exprime  sur l’absence de tirets et de guillemets dans  les dialogues.

« J’ai lu ce livre [La Nuit du chasseur, de Davis Grubb] quand j’étais adolescent. C’était la première fois que je voyais un livre sans guillemets. Cela me plait ; j’ai l’impression que lorsqu’on sépare les dialogues de la narration, qu’on les enferme dans des guillemets, ils sont moins intégrés dans l’ensemble. J’aime avoir l’impression que cela forme un tout, que les dialogues ne sont pas plus importants que la description des actions ou des personnages. Quand on met des guillemets de part et d’autre d’un dialogue, cela semble vouloir dire ceci est important, regardez bien. » 

 

Je n’ai pas lu la nuit du chasseur, mais par contre j’ai dévoré la  demeure éternelle sans guillemet ni tiret. Une absence polémique qui a du faire bondir les culs serrés de la littérature. Moi par contre, je n’ai pas bougé le mien de ma chaise. J’étais scotché-collé par la moiteur du sud rural des années quarante. Une décennie que les romanciers nostalgiques d’une époque, qui n’est pas totalement révolue, ont raconté avec plus ou moins de talent ou de crédibilité. Ce n’est pas le cas de William Gay qui nous immerge le temps d’une lecture dans l’étouffante et implacable réalité d’un monde perdu entre western et modernité.

 

 

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Dans les années 1940, dans une région reculée du Tennessee, Dallas Hardin règne par la terreur sur Mormon Springs. Après s'être approprié le commerce d'alcool clandestin, Hardin apparaît comme intouchable, multipliant menaces, vengeances et meurtres en toute impunité. Jusqu'à ce que le jeune Nathan Winer croise sa route. Nathan ignore ce qu'est devenu son père, disparu dix ans plus tôt. Hardin, lui, le sait bien, puisqu'il l'a tué de ses propres mains.

 

 

William Gay est né à Hohenwald, Tennessee, en 1943. De retour de la guerre du Vietnam, il exerce les professions de couvreur et charpentier. Son roman, La mort au crépuscule a reçu le Grand Prix de la littérature policière 2010. Il est mort en février 2012.