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La boxe l’écriture et le dessin ont jalonné ma vie en me renvoyant de l’un à l’autre aux grés des circonstances et des rencontres. Ces trois passions, car c’est de la passion avant tout, ne m’ont jamais lâché, quoi que j’ai pu faire. Elles sont incrustées dans mes gènes. Pour certaines, j’en ai fait mon métier. Un métier appris sur le tas et sur le tard. Je suis un pur autodidacte qui a réussi en partie, à marier ses passions et son travail. Quand je dis en partie, c’est que souvent dans la vie quotidienne, l’alimentaire prime sur le créatif. Une créativité qui reste intacte en dépit de l’âge. Je suis retraité et heureux.de l'être. Heureux de pouvoir être à plein temps avec ma femme. Heureux de profiter de mes enfants et  petits-enfants. Heureux d’avoir pu enfin me consacrer à l’écriture. Heureux de ma liberté de créer sans contraintes. Heureux tout simplement d’être ce que je suis. Comme pour beaucoup de ma génération (je suis né en 1947) mon avenir professionnel était lié au milieu social d’origine. Dans les quartiers populaires de la banlieue bordelaise, quand on est fils d’immigrés hispano-catalan-républicains on rentre en apprentissage quand on a l’âge requis. C’était la normalité du bario de la rive droite dont je suis natif. A part quelques exceptions prévisibles (des fils à papa où à maman) les universités bordelaises n’ont pas été saturées par les habitants du quartier Jean Jaurès de Floirac. Un quartier où l’on parlait plus facilement de sport que de littérature ou de peinture. Des  activités qui ne sont pas incompatibles. Je sais de quoi je parle puisque je suis tombé dedans dès ma plus tendre enfance. J’y suis encore d’ailleurs. Je baigne naturellement dans ce mélange qui remonte en surface l’une ou l’autre de ces trois passions, en fonction des aléas de la vie. Une vie que j’ai pas mal consacrée aux sports. Il n’y a pas eu que la boxe que j’ai pratiquée, mais cette dernière a laissé des traces indélébiles qui transparaissent dans mes dessins,mes photos, mes écrits. On la retrouve en filigrane dans « à l’aube du grand passage » et dans une écriture bien plus directe dans « Guernica » un de mes romans publiés aux éditions du manuscrit. Beaucoup y ont cru voir une autobiographie,mais c’est une fiction même si certains passages sont réalistes. Un auteur s’inspire toujours de sa propre expérience.

 

 

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                        Memoire de jours  ( 3 tomes écrits un quatriéme en cours) 

                        

J'ai du attendre ma retraite pour enfin trouver le temps d’écrire. Une retraite  anticipée de deux années pour cause de maladie. Un coup du sort qui m’a fait tirer un trait définitif sur ma vie professionnelle mais qui en contrepartie m’a permis lors de ma convalescence forcée en 2003 d’écrire coup sur coup Guernica et La fille du Grand deux romans publiés aux éditions du manuscrit. J’ai arrêté le dessin, les photos, les expos,mais pas l’écriture de romans (à l’aube du grand passe et l’homme à la veste blanche). J’ai très peu évoqué mes dessins mais je constate que l’un deux en particulier a fait l’objet de nombreuses version. Je l’ai accommodé à l’encre de chine à la gouache, à l’huile, en tableau en illustration, en affiche voir même en lame (la 12) dans un jeu de tarot. Ce dessin qui revient comme une rengaine illustre parfaitement l’influence inconsciente de la boxe quand on l’a pratiquée ne serait qu’en amateur.

 

 

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Toile 50 x 80 cm. Exposition à l’art’obas en avril 2001.

 

Depuis que je suis retraité, j’ai négligé le dessin, mais pour l’association, je reprends la plume à encre de chine à défaut de pouvoir reprendre les gants. Des gants que j’abandonne à l’association qui s’est créé à la suite d’une rencontre programmée. Une affiche incontournable. C’était écrit. Une écriture qui nous a réunis. Une réunion qui n’était pas de boxe,même si avec Victor Ojeda, c’est une rencontre ratée sur les rings mais réussie dans la vie. En me replongeant dans les archives presse de l’époque j’ai constaté qu’à plusieurs reprises nous aurions pu nous affronter et notamment en championnat, lors de demi-finales annoncées. Les tirages au sort ou les pesages ont fait que nous nous sommes seulement rencontrés dans les vestiaires,un endroit qui n’était pas très causant pour de possibles adversaires. Nous nous sommes rattrapés depuis. Nous causons et nous écrivons. Un point commun que nous avons entre autres. Cinquante ans après nous être croisés dans les différentes réunions de France et de Navarre,nous nous affrontons à coup de plume de livres et d'éditeurs. C’est plus sympa vu nos âges. Une sympathie que j’éprouve pour Victor que je découvre après coup. Des coups que nous n’avons pas échangés à vingt ans mais qui nous rapprochent néanmoins. Un rapprochement initié Par Germain Blaise un ancien boxeur de Manuel Lacasa, dont je ne le remercierai jamais assez d’avoir insisté pour que je prenne contact avec Victor. Il a fait le forcing. Il ne me m’a pas lâché. Il m’a acculé dans les cordes jusqu’à ce que j’abdique et me décide à appeler Victor qui prépare pour la rentrée une biographie sur Monsieur Lacasa le mythique entraineur des Girondins et de Cenon. J’avais quelques photos inédites, quelques anecdotes plus ou moins croustillantes et surtout quelques idées que nous avons partagées. Un partage à trois avec Bossuet, un ancien boxeur de Monsieur Lacasa que je salue à travers ce court article de présentation. Une présentation esquissée. Un crayonné de vie. Une épure de biographie.

                                         

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                                                                                                                            Guy Busquets