« On oublie tout et on recommence »

C’est le titre qu’on aurait pu donner au Roman de Bernard Clavel « les grands malheurs » que je viens de lire avec un intérêt historique. Un intérêt d’actualité. Il suffit de changer les dates et c’est du pareil au même. Une même situation. Une même négation des réalités une même incompétence de la classe dirigeante qui conduit le peuple des petites gens, dont je fais partie, droit dans le mur. «  les grands malheurs » est bien plus qu’un roman. C’est un plaidoyer contre toutes les guerres. Un témoignage sur le vécu de la France profonde lors des conflits du  siècle dernier. Une réflexion humaniste d’un immense écrivain. Immense par sa bibliographie mais surtout par son talent de conteur. J’aime ses histoires. J’aime son style. J’aime son écriture à l’image de ses personnages, simple et directe. Une plume trempée dans le terroir. « Les grands Malheurs » achevé en 2003 (année de canicule et des débuts de la seconde guerre du golfe) nous fait pressentir ce qui arrive aujourd’hui.  Ce n’est pas de la prémonition mais du bon sens (ou bon sang) paysan que l’on retrouve dans la plupart des romans de Clavel. Je n’ai pas lu tous ses livres, mais j’en ai consommé pas mal depuis cette année mille neuf cent soixante-six où, je découvrais avec « L’Espagnol », un auteur que j’ai aimé et que j’aime encore. Bernard Clavel avec « les grands malheurs » a été mon coup de cœur de la semaine. Un bon bouquin pour ma chronique que j’envisageai de publier dans quelques jours pour ne pas trop coller aux « Temps glaciaires ». Mais l’actualité bouscule ma programmation. Elle active la mise en ligne de mon post sur cet excellent roman que mon épouse a dégoté dans les rayonnages de la bibliothèque de mon patelin et qu’elle a ramené le vendredi13 novembre 2015 pour respecter les délais de prêts. Vendredi 13…. un jour de chance pour certains et de malchance pour beaucoup. J’ai hésité avant de publier ma chronique, voulant respecter une période de silence en hommage aux victimes des attentats de Paris, mais sa publication est un meilleur hommage que le silence.

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L’histoire : Eugène Roissard, mutilé de la Grande Guerre, fait un vin jaune célèbre dans tout le Jura. Il vit avec Noémie dont le frère, déserteur puis prisonnier, a fondé une famille en Allemagne. Une honte dont on ne parle pas. En grandissant, Xavier, leur fils, rêve de rencontrer son cousin allemand, contre l'avis de son père. Après l'appel du 18 juin, les motifs d'incompréhension se multiplient entre Eugène et Xavier. La guerre, toujours la guerre réussira-t-elle à détruire une famille qu'unissait l'amour d'une même terre ?

4 eme de couverture : " Je suis un vieil homme habité par la guerre. Chaque fois que j'ai cru l'avoir distancée, un événement est survenu qui l'a lancée à mes trousses. Vieille bête hargneuse, elle me suit à la trace et ne cesse de grogner à mes pieds. Elle habite ma vie depuis mon enfance et c'est sans illusion que je me remets à parler d'elle. On n'apprivoise pas la guerre. Même lorsque l'on croit l'avoir muselée et enfermée dans un recoin muet de la mémoire, elle demeure en éveil. Un rien la fouaille et la pousse à mordre à nouveau. Si j'ai décidé de raconter la vie de Xavier Roissard, c'est que ce vieux vigneron m'est apparu comme un frère. C'est qu'il est un homme parmi les hommes, douloureux et chargé d'un énorme fardeau, comme des millions d'êtres qui n'ont pas mérité que tant de malheurs s'abattent sur eux et sur leurs proches. "

L’auteur : Bernard Clavel est né à Lons-le-Saunier, dans le Jura, en 1923 ; il quitte l'école dès l'âge de quatorze ans, et entre en apprentissage chez un pâtissier de Dole. Les deux années qu'il passe sous la coupe d'un patron injuste et brutal vont faire de lui un éternel révolté. Du fournil à l'usine, du vignoble à la forêt, de la baraque de lutte à l'atelier de reliure, de la Sécurité sociale à la presse écrite et parlée, il connaît bien des métiers, qui constituent " ses universités ". Il écrit son premier roman, L'ouvrier de la nuit, en 1954. Encouragé dès lors par Jean Reverzy, Gabriel Chevallier, Armand Lanoux, Gaston Bachelard, Gabriel Marcel, Hervé Bazin, Marcel Aymé et quelques autres, il poursuit une œuvre qui s'impose peu à peu : il obtiendra plus de vingt prix, dont le prix Goncourt 1968 pour Les fruits de l'hiver. Il entre à l'académie Goncourt en 1971 au couvert de Giono, décide de la quitter en 1977, et n'a jamais accepté la Légion d'honneur... Bernard Clavel puise son inspiration dans la Franche-Comté de son enfance, et dit volontiers que son mariage avec la romancière québécoise Josette Pratte lui a permis de donner à son œuvre un deuxième souffle, avec, entre autres, Le royaume du Nord, une grande fresque romanesque inspirée par l'aventure des pionniers canadiens. La guerre et le combat pour la liberté, la dignité humaine et l'amour de la nature sont les thèmes majeurs de son œuvre. En quarante ans, il a écrit plus de quatre-vingt-dix ouvrages - romans, essais, contes et poèmes pour enfants -, traduits dans une vingtaine de pays, et il figure parmi les trois auteurs préférés des Français d'après une étude de la Sofres. Eternel errant, il a déménagé plus de quarante fois, écrivant et peignant toujours avec le même acharnement.

Pour en savoir plus: 

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