Je déroge à mes principes en présentant un livre de l’année. Un livre offert par ma fille, pour la fête des pères, que j’ai lu en septembre, et que je commente aujourd’hui. J’ai attendu qu’il soit à la limite de l’actualité littéraire. Il n’est pas périmé. Il n’est pas oublié. Il est juste dépassé. Tout va très vite dans le monde de l’édition. Les nouveautés bousculent sans vergogne, les hiérarchies commerciales rencardant d’excellents livres dans les rayonnages des bouquinistes ou les étals des soldeurs avant qu’ils ne rebondissent dans les éditions de poche ou dans mes chroniques sur le net. Un rebond amorti par la routine pour le dernier livre de Fred Vargas « temps glaciaires » où on retrouve des similitudes avec « pars vite et reviens tard ». Avec 14 ans d’écart entre les deux publications, on peut oublier que dans ces deux romans, c’est le hasard qui pousse un client dans le commissariat d’Adamsberg, par contre, on ne peut pas (à moins d’avoir Alzheimer) ne pas faire le rapprochement entre les deux romans. Un rapprochement de trame et de construction. Une construction en labyrinthe. Un dédale qui nous perd et nous égare de fausses pistes balisées par des signes qui nous ramènent aux heures sombres de l’histoire de France. La peste noire pour l’un, la révolution des Danton et Robespierre pour l’autre. Les inconditionnels de Fred Vargas ont dû crier au génie, alors que moi, je murmure doucement, que c’est un bon polar solide et bien construit. Un petit pavé de cinq cent pages où le lecteur tout comme le commissaire s’efforce de démêler une pelote d’algues et d’embrouilles. Du Creux (c'est un lieu-dit) à l’Islande (c'est un pays), en passant par l’Assemblée Nationale reconstituée, l’auteur nous promène dans les méandres d’une enquête heureusement aboutie.  

 

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 L’histoire: Paris. Une vieille dame, Alice Gauthier, est retrouvée morte dans sa baignoire, les veines des poignets tranchées. Suicide ou meurtre ? Le commissaire Bourlin, en charge du dossier, est bientôt rejoint par le commissaire Adamsberg et le commandant Danglard de la brigade criminelle. Une autre mort suspecte et paraissant liée à la première,  les mène alors jusqu'en Islande.

Extrait du livre repris dans la 4ème de couverture: Adamsberg attrapa son téléphone, écarta une pile de dossiers et posa les pieds sur sa table, s'inclinant dans son fauteuil. Il avait à peine fermé l'oeil cette nuit, une de ses sœurs ayant contracté une pneumonie, dieu sait comment. - La femme du 33 bis ? demanda-t-il. Veines ouvertes dans la baignoire ? Pourquoi tu m'emmerdes avec ça à 9 heures du matin, Bourlin ? D'après les rapports internes, il s'agit d'un suicide avéré. Tu as des doutes ? Adamsberg aimait bien le commissaire Bourlin. Grand mangeur grand fumeur grand buveur, en éruption perpétuelle, vivant à plein régime en rasant les gouffres, dur comme pierre et bouclé comme un jeune agneau, c'était un résistant à respecter, qui serait encore à son poste à cent ans. « Le juge Vermillon, le nouveau magistrat zélé, est sur moi comme une tique, dit Bourlin. Tu sais ce que ça fait, les tiques ? »

L’auteur: Temps glaciaires est le treizième roman policier de Fred Vargas, paru en 2015. Il s'agit du dixième récit mettant en scène le personnage du commissaire Jean-Baptiste Adamsberg. 

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