J’ai adoré « le congrès », un livre dissimulé dans les profondeurs de l’oubli et remis en avant dans la bibliothèque municipale de mon patelin. Je l’ai trouvé bien évidence dans un rayon qui n’est pas classé X. Il était ni caché ni interdit, même si la 1ere et la 4 eme de couverture peuvent prêter à confusion. Il n’y-a aucun voyeurisme dans l’histoire d’amour vécue par le narrateur. En utilisant la première personne du singulier pour raconter les événements, l’auteur nous plonge, avec les mots et les expressions de l’époque, au cœur des réflexions et des doutes d’un homme mal dans son siècle. Les quelques termes oubliés, ou les épisodiques tournures de phrases périmées, utilisés par le narrateur ne nuisent en rien à la fluidité du récit. Bien au contraire, elle nous immerge dans les us et coutumes d’une période de l’histoire de France où les convenances et le paraître masquaient les réalités du quotidien. Un style en phase avec l’histoire. Jehane, la jeune femme du narrateur est une protestante reconvertie que l’église catholique a dans son collimateur. C’est le lot de tous ceux qui ont renoncé à leur religion. Un renoncement entériné par un mariage que la famille du marié dénonce par intérêt. Un simulacre de procès sanctifié par l’église et reconnu par la Justice, impose au jeune couple l’épreuve du congrès. Ils doivent copuler en public pour prouver la consommation de leur union. Quel que soit le sexe du lecteur on ne peut s’empêcher de se mettre à la place des protagonistes de cette histoire qui nous dérange et nous interpelle. Une interpellation pudique. L’auteur réussit le tour de force de décrire une scène de cul sans aucune pornographie.

 

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L’HISTOIRE : en 1685, dans une atmosphère de haines religieuses et d’intrigues financières, Guillaume Vallade, héritier d’une riche charge de bâtisseurs du roi, et sa femme Jehane, d’origine protestante, sont condamnés à subir l’épreuve du congrès. « Dresser, pénétrer, mouiller », telle est l’injonction à laquelle guillaume doit obéir, nu sur un lit avec Jehane, devant un parterre de prêtres, de médecins et de courtisans. Le désir peut-il se glisser dans une telle parodie de l’acte d’amour ? Peut-on survivre à ce viol entre époux organisé par l’église et la justice ?   

 

L’AUTEUR : Jean Guy Soumy est l’auteur d’une douzaine de romans, lauréats de plusieurs prix dont le prix des libraires pour la belle rochelaise (Robert Laffont1998) et prix Clos-de-Vougeot et prix Claude-Fauriel, Saint Etienne pour la Chair des étoiles (Robert Laffont 2008).

 

Pour en savoir plus :

https://fr.wikipedia.org/wiki/Jean-Guy_Soumy

www.amazon.fr/Le-Congrès-Jean-Guy-Soumy/dp/2221113780

www.laffont.fr/more_informations_&100&9782221113783.html